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Magritte – La trahison des images, au Centre Pompidou jusqu’au 23 janvier 2017

09/11/2016

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Depuis le 21 septembre, le Centre Pompidou accueille une grande exposition consacrée à l’artiste belge René Magritte (1898-1967). Une rétrospective avait eu lieu en 1979 dans ce même lieu de l’art contemporain.

Mais Didier Ottinger, commissaire de cette exposition ne présente pas ici une rétrospective de l’artiste (comme il a pu le faire au Grand Palais avec l’exposition sur Edward Hopper). Il souhaite offrir au public une nouvelle lecture de la peinture de Magritte : le lien avec la philosophie et les textes fondateurs sur l’art.

Au travers de l’exposition qui s’étend sur 5 salles, on découvre la volonté du peintre de faire de ses œuvres l’expression de la pensée.

 

La première salle : Portrait de Magritte en philosophe : de la beauté hasardeuse aux « problèmes », met en lumière la transition des peintures représentants des rapprochements d’objets (inspirés par l’œuvre Le Chant de l’amour de Giorgio de Chirico) vers la représentation de solutions à ce qu’il nomme des « problèmes ».

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Entre chacune des salles, le commissaire a choisi de présenter une peinture ancienne représentant des récits bibliques, ou des textes anciens (Pline, Platon, Cicéron) afin de montrer cette difficulté de traduire un texte, un concept.

 

La deuxième salle : Les mots et les images, révèle toute l’iconographie de Magritte (ciel, ombres, rideaux, mots, etc.) et cette réflexion sur le lien qui est fait entre une image et un mot. Un questionnement sur le statut des images et celui des mots. On retrouve ainsi dans cette section, le tableau le plus connu de Magritte : « La trahison des images – ceci n’est pas une pipe ».

 

La troisième salle : L’invention de la peinture fait référence à l’Histoire Naturelle de Pline l’Ancien et la réflexion de Magritte sur la capacité de l’art à représenter le réel.

 

La quatrième : L’allégorie de la caverne fait référence à au récit de Platon que Magritte représentera à plusieurs reprises en utilisant des motifs tels que le feu et le chevalet, l’ouverture de la grotte ou bien autre espace clos.

 

La cinquième : Rideaux et trompe l’œil/ La beauté composite, cette salle présente la vision de l’illusionnisme pictural de Magritte avec cette omniprésence du rideau dans ces œuvres, en référence au concours entre Zeuxis et Parrhasios (Histoire Naturelle de Pline l’Ancien). La représentation classique de la beauté était celle d’une beauté recomposée, fragmentée rassemblant des détails singuliers, une sorte de collage (Zeuxis et les filles de Crotone). Dans son tableau L’évidence éternelle de 1948 Magritte représente le corps de sa femme et muse Georgette à travers cinq petits tableaux.

 

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Magritte – La trahison des images est une exposition qui renouvelle notre vision de la peinture de Magritte et qui met véritablement en avant sa réflexion philosophique sur l’art, les mots, les images, le réel.

Je vous conseille donc vivement de vous rendre sur place et de découvrir par vous cette approche inédite de l’œuvre de René Magritte.

L’exposition attire beaucoup de visiteurs, je vous déconseille donc d’y aller en weekend mais de vous y rendre les lundis et jeudis soirs, vous pouvez visiter l’exposition jusqu’à 23H.

A bientôt pour de nouvelles découvertes

Mathilde

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